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"Veille
de chasse: portrait d'un springer"
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Lorsque
j'ai exposé pour la
première fois au Country-show de Paris, les artistes
animaliers ne juraient que par un collectionneur qui venait
dévaliser leurs stands à la première heure
pour choisir les plus beaux tableaux animaliers. L'une de mes
amies, chassant avec ce collectionneur, m'a proposé de
me le présenter moyennant un pourcentage sur les affaires
que nous ferions ensemble. J'ai refusé, arguant que s'il
venait au Salon, il découvrirait mes oeuvres par lui
même et les aimerait. J'ai attendu deux ans, mais la troisième
année, un homme est resté longtemps en admiration
devant mes tableaux de chiens, avant de me dire :
" c'est trop bête, je viens de passer commande à
votre voisine pour le portrait de mon springer, si je vous avais
connu il y a seulement 20 minutes" ...
En lisant mon livre d'Or, j'ai su que j'avais gagné mon
pari. Depuis, Alain D. est devenu un de mes clients les plus
fidèles, le plus gentil aussi. Et un jour, il m'a commandé
le portrait de son chien, un springer spaniel, Sweep.
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Lorsqu' Alain
prépare ses affaires la veille d'une chasse, son springer
spaniel, pour être sûr de ne pas être laissé
à la maison, va se coucher au milieu des bagages, la
tête posée sur l'étui à fusil.
C'était dans cette position qu'Alain voulait me voir
immortaliser son chien de chasse préféré.
Pour le reste, comme un grand mécène qui sait
travailler avec un artiste, il m'avait donné carte
blanche.
La phrase
précédente était un message subliminal
pour mes futurs clients !
Si vous êtes observateur, vous avez noté que
dans chacun de mes tableaux de chien, j'ai placé un
fauteuil dans le décor. Cela donne une dimension verticale
au tableau et me permet de poser des objets sur le bras ou
l'assise. J'avais découvert ce fauteuil chez un antiquaire
quelques jours auparavant et
me faisais une joie de le placer dans l'un de mes décors.
Comme vous le voyez, il est en bois de cerf et de daim et
vient d'Europe Centrale.
Kitschissime ?
Oui mais amusant dans un tableau, n'est ce pas ?
Comme vous pouvez le voir sur cette
photo, base du tableau,
l'âtre était noir comme le cul d'un n.... , vous
pourrez constater sur le tableau ci-dessous, que je suis capable
d'inventer ...
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Comme le salon d'Alain était très
sombre, mes photos en lumière ambiante étaient
glauques, mais celles au flash étaient pires. Je
suis donc revenu pour prendre de nouvelles photos du springer
en extèrieur. Alain avait eu la mauvaise idée
de jouer au golf toute la matinée, en emmenant son
springer. Quand je suis arrivé pour mon reportage,
c'était très clairement l'heure de la sieste
de "Sweep". Il avait la paupière lourde
et dés qu'il posait la tête sur le sac, il
s'endormait comme une masse.
Gag !...
Cette photo était la seule vraiment excellente en
deux pellicules.
Admirez le grain de ce veau grainé, je vous montre
page suivante un détail du tableau avec le même
cadrage, pour que vous puissiez comparer. Vous noterez que
cette foutue casquette a encore bougé et que le bouton
d'équipage et les différents insignes de club
d'Alain sont cachés. Quant au sac, il n'a pas le
même angle que sur la photo du haut.
Je me suis arraché les cheveux pour essayer de faire
coller tous ces éléments avec la bonne perspective
dans mon tableau.
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